Guinée : quand la psychose électorale profite au bal des spéculateurs

A l’orée de 2015, parlez de prochaines élections et vous verrez la grimace que fera la population en Guinée. En cause, les stigmates laissés par la présidentielle de 2010, avec tout ce qu’elle a engendré comme remous au sein de la population, des douloureux souvenirs qui ont bien souvent mis à mal sa quiétude, une psychose électorale palpable à tout instant.

Et depuis, de nouvelles donnes sont venues rajouter un peu plus d’ingrédients à cette cuisine assez épicée déjà. L’entrée dans l’arène politique des radios privées, nouvelles tribunes pour les apprentis en politique, avec des émissions interactives, semble rendre le dialogue inter guinéen encore plus difficile. Cette ouverture des ondes donne l’impression de faire de chaque Guinéen, un politicien en puissance. Chacun à partir d’un appel téléphonique s’érige en donneur de leçons, en leader d’opinion. Diffusant et communiquant ses ressentiments à longueur de journée.

A entendre tous ces messages à peine voilés, prônant la division, on a l’impression de se rapprocher dangereusement des « mille collines ». Puisse la lucidité reprendre le dessus !

Banderoles de soutien politique à Kaloum, Conakry

Banderoles de soutien politique à Kaloum, Conakry

Mouvements de soutien

Actuellement, c’est la foire aux mouvements de soutien, qui sortent de partout, puant l’opportunisme à tout vent. Les meetings avant l’heure ont commencé à se tenir. Les militants de la dernière heure se mélangent à ceux des premières heures. Entre eux se mêlent les « militants import-export ». Un tour dans leur garde-robe suffit de comprendre : une collection tee-shirts de toutes les couleurs, à l’effigie de tous les candidats et de tous les partis trône à la meilleure place.

Leur journée ressemble à un parcours du combattant… zut, du militant ! Un meeting par ci, un meeting par là, il est sur tous les fronts, changeant de tunique au passage et criant haut et fort, la main sur le cœur, son adhésion au parti, allant jusqu’à jurer qu’il donnerait sinon sa vie, toute sa fortune logée dans un compte nullement répertorié par aucune banque de la place. En blanc, en bleu, en vert, en jaune, en rouge, en orange, partout c’est la même ferveur, le même délire. En fin de parcours, il se retrouve le soir, épuisé, comptant les billets de banque, prime de son ‘’amour et dévouement’’ pour le parti.

La petite accalmie que l’on observe présentement découle de la forte présence du virus Ebola, invité surprise, qui redessine la donne politique, définissant les priorités du moment. La « hache de guerre » est enterrée ou déterrée… contre Ebola !

Qu’il a souffert le citoyen guinéen et le pouvoir en place en est conscient. Qu’il souffre le pauvre guinéen, avec le virus Ebola qui l’empêche de vivre normalement, de se regrouper.

Contexte actualisé

Alors organiser des élections si impératives soient-elles, suppose autoriser des regroupements de masse et en masse. Serait-il judicieux de le faire ? Ne serait-ce pas aller contre le bon sens et les mesures de sécurité indispensables ? Sûr qu’on y pense dans les salons feutrés de ‘’Sékhoutouréya’’, le palais présidentiel portant le nom du premier président de la Guinée, Sékou Touré.

Et pourtant  il faudra bien retourner aux urnes. Le mandat de l’actuel chef de l’Etat expirant, la légitimité passe forcément par là.

Pour le Guinéen lambda, il faudra se résoudre à subir les joutes verbales, les occupations  des rues.

Il lui faudra rivaliser d’ingéniosité et de prudence. Partir de chez lui à la bonne heure et y retourner, sain et sauf le soir, la nuit tombante, voilà le « Koh Lanta » du « Conakryka » (habitant de Conakry), son épreuve de survie pour gagner un moment de « confort » dans l’obscurité et l’insécurité.

Pour info, je suis preneur d’un GPS  si disponible, indispensable pour trouver le bon « routing », et aussi d’un « anti pierres » genre « antimissile » pour ma vieille nouvelle voiture de 20 ans,  » occasion Brussels « , comme ça se dit ici.

Nabe Lamine

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