Qualifications CAN 2015 : Le syli de Guinée « ébolamment »

Conakry, le virus Ebola fait ravage et sème la terreur partout. Un cas par ci, un cas par làToutes les régions sont touchées, les unes après les autres. Calendrier oblige, les qualifications de la Can 2015 (coupe d’Afrique de football des nations)doivent suivre leur déroulement normal si possible. Quoi qu’il en soit, le cuir rond doit continuer à tourner même si dans les pays concernés, rien ne tourne rond. Au vu donc de la situation dramatique, la Caf (confédération africaine de football) décide que le Syli de Guinée jouera tous ses matchs à l’extérieur

Loin des yeux, près du cœur

Le match à domicile pour le syli de guinée (sobriquet de l’équipe nationale de football de la Guinée, signifiant Éléphants de Guinée), c’est à casa, au Maroc où l’épreuve était prévue se tenir.

Monument du Syli, emblème de la Guinée. Rond point du quartier de Belle-vue - Conakry

Monument du Syli, emblème de la Guinée. Rond point du quartier de Belle-vue – Conakry

Au Sénégal et au Mali, les premiers cas d’Ebola ont été importés de la Guinée. Vous comprenez que depuis il fait pas bon de brandir cette carte d’identité dans la sous région. Le mythique stade du 28 Septembre, jour du mémorable référendum devant déterminer le statut de la guinée en 1958, habituellement chauffé à rouge’et retentissant de « gbinh gbinh soh!» (cri ou slogan d’encouragement des supporteurs du syli de Guinée) sonne creux depuis cette décision. Faut donc prier que le courant soit au rendez-vous afin de pouvoir suivre la retransmission à la télé, sinon s’en remettre à la bonne vieille radio. Les matchs à‘domicile’ont donc un air de matchs à l’extérieur. Délégation réduite au strict minimum (coté positif de la situation, les factures devraient être un peu moins salées pour l’Etat), çà respire vraiment pas la sérénité, âme de supporter parlant. Parti comme c’est, çà s’annonce difficile. Les premières défaites sont le fait du virus, sic!Les joueurs se sentent stigmatisés et pensent un peu trop aux familles endeuillées, les pauvres, trop sensibles les mecs. Puis le déclic, au moment où on n’avait fini par s’y faire «Ebola là, vraimennnnnnt, haaa, sinon, ha, si c’est ici au 28, syli va qualifier sans problème!»’Traduction: n’eut été le virus Ebola, le syli en jouant à domicile, ici au stade du 28 Septembre, aurait dit NON à la défaite ! Alia, inconditionnel fan du syli, semble désespéré.

L’exploit

Dos au mur, le syli se devait de vaincre««les montagnes russes», gagner deux matchs de suite, et de surcroît, à l’extérieur. Deux finales, la première à Lomé, capitale du Togo d’Adebayor et le second, toujours à l’extérieur, mais à domicile, à casa, contre l’Ouganda, pays connu pour ses performances en athlétisme. Sacré Syli, spécialiste en surprises, bonnes et mauvaises à la fois, capable du meilleur au moment où on ne s’y attend pas du tout, et du pire au moment où on ne s’y attend pas du tout aussi. C’est donc ce Syli qui va déjouer tous les pronostiques en deux matchs. Le Togo d’Adebayor, le géant aux pattes agiles, redouté par bon nombre de défenses africaines, notamment celle du Mali, passe à la trappe, pulvérisée 1-4, avec un triplé du virevoltant Seyba Soumah, héros national depuis. A Conakry, tout comme dans l’arrière pays, on n’en croit pas ses oreilles, ’ fini national’’ pardon, syli national, vainqueur à Lomé, personnellement je n’y croyais pas. L’espoir pourtant renaît, on ressort les calculettes et les scénarios vont bon train. 2-0, fin du match, l’Ouganda, est vaincu par un Syli des grands jours, au «jaune de chauffe» Le pays entier explose de joie, les foules se déversent dans les rues, chantant, dansant. Embrassades par ci, accolades par là, les uns dans les bras des autres, emmêlant sueurs et pleurs. En ces instants, les consignes ‘Ebola ont volé en éclat. Tout le monde se frotte à tout le monde, le « compteur victimes d’Ebola » est à nouveau à rebours, mais on s’en fout, Ebola K. O. entend-t-on comme une clameur. Symbolisme quand tu nous tiens, dirait-on, mais la réalité était là, imposante, il fallait donc laisser paraître et extérioriser les ressentiments, les frustrations. Mais avant cet exploit à casa, la Can est allouée à la Guinée Equatoriale le 14 novembre. Entre temps, le Maroc qui a peur d’Ebola, se voit retirer l’accueil de l’évènement le 11 novembre. Pourtant il a accueilli «l’ambassadeur» du virus sur son sol pour ses matchs à’ domicile. Contradiction philosophique ? Je vous laisse cogiter !

Le Bilan

Ils se croyaient trop beaux, volant trop haut, avec leurs puissantes ailes vertes. Ils sont tombés bien bas et rentrent dans la «short list» du champion qui ne peut défendre sa couronne à l’édition suivante. «Le taureau de Kaduna»(Rachidi Yekini) a dû se retourne plusieurs fois dans sa tombe ! Tenus en échec sur les terres de leurs ancêtres par les descendants de «Chakra Zulu» le Nigeria s’est tiré tout seul une balle dans les pieds. Autre coup du tonnerre, l’élimination de l’Egypte, le temps des pharaons est bel et bien révolu. IL faudra donc se résoudre à momifier le pauvre gardien de but, El Hadhari, réagissant 10 secondes trop tard au coup franc de maitre du tunisien Khazri à la 77ème minute. Troisième non participation de suite à une phase finale, çà commence à faire beaucoup pour une si grande nation de foot.

Trois minutes à jouer « au renard passe passe, chacun à son tour chez le coiffeur!» (chansonnette écolière bien connue) Hervé (sélectionneur des éléphants de Côte d’ivoire) pour une qualification, a vendu sa belle chemise blanche sport au diable du football!

Moralité, tous les chemins mènent à Malabo!

Petit pronostique pour la route : une finale Algérie Cameroun semble envisageable tellement ces deux pays ont survolé ces éliminatoires. Mais, car il y’a toujours un mais, un invité surprise se prépare surement… Tunisie, Cap vert, l’un des Congo… En espérant le soir du 6 Février 2015 force est de reconnaître, ce Syli là, mérite respect et admiration.

GBINH GBINH SOH !

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