CAN 2015 : Le Syli de Guinée, les pestiférés d’ebola sur la voie de la victoire

Et si les pestiférés, comme le Syli de Guinée avait été souvent traité lors des qualifications, y arrivaient ! Qualifiés dans des conditions difficiles en jouant tous ses matchs à l’extérieur, le Syli ( éléphant), l’équipe nationale de Guinée est entrain d’écrire une des belles pages de cette édition de 2015.

Supporteurs du Syli en liesse dans les rues de Conakry

Supporteurs du Syli en liesse dans les rues de Conakry

Mardi 20 janvier, la Guinée entre dans la compétition face à l’éternel favori de toutes les éditions, les éléphants de Côte d’ivoire. On craint le pire, mais au déroulement du match et surtout après 45 minutes de jeu, la crainte est plutôt du côté d’Abidjan. Le Syli de Guinée fait son match et c’est logiquement qu’il mène à la marque jusque dans les derniers instants du match. Les éléphants, sur un coaching gagnant de leur renard d’entraineur, réussissent à revenir au score, ragaillardis après l’expulsion de leur star Gervinho, coupable d’un mauvais geste.

Conduit  par un Ibrahima Traore tout feu tout flamme, qui sera élu homme du match, le Syli inquiète plus d’une fois la défense ivoirienne presque aux abois. A la fin de la rencontre, les éléphants de Côte d’ivoire sauvent ce qui peut l’être, le match nul, en y ayant perdu leurs défenses. Avantage psychologique pour les Guinéens, qui ont montré sur cette rencontre, qu’ils comptaient bien passer plus de temps que prévu chez leurs homologues de Guinée Equatoriale.

Samedi 24 janvier, bis repetita, face aux lions « abordable »s et timorés, les Syli va barrir encore une fois en premier. Les lions sont donc obligés de courir après l’éléphant de Guinée qui montre ses défenses et ne se laisse pas faire. La bataille fait rage et l’herbe verte est marquée par chaque passage d’un camp à l’autre. Les lions rugissent et par la force des choses, finissent par revenir à la marque. A la 91ème minute, l’arbitre ne voit pas ce qui pourtant était si évident, un pénalty. Fair-play, le Syli ne s’en plaindra pas, marquant un peu plus son territoire dans cette Coupe d’Afrique des Nations, comme pour dire qu’il faudra compter avec lui.

Supporteurs du Syli en liesse dans les rues de Conakry

Supporteurs du Syli en liesse dans les rues de Conakry

Après une bataille fraternelle entre pachydermes, après avoir fait reculer le lion, le Syli doit cette fois affronter le plus grand prédateur volant, le puissant rapace, les Aigles du Mali, plus affûtés que jamais, dégageant sérénité et maturité tactique, contredisant la médisance maladroite de l’obscure joueur de l’équipe de France qu’a été Willy Sagnol.

La veille du match, un jour de jeûn et de prière est observé au Mali, c’est sérieux, une place en quart est en jeu. Bataille peu probable, le Syli va s’imposer naturellement au sol, et sur un penalty, une panenka, Constant, l’inconstant, donne l’avantage au score aux Guinéens. Plus athlétiques, les Aigles vont, au retour des vestiaires, assiéger le camp adverse et obtenir l’égalisation sur un coup de tête de Modibo Maiga, volant dans les airs comme un aigle et rabattant le ballon au fond de la cage du courageux Yattara alias Japonais à la suite d’un magnifique centre. Auparavant, l’inusable Seydou Keita manque un penalty et plonge tout un pays entier dans le doute. Match nul et ce que l’on redoutait arriva, il fallait s’en remettre au sort et, ce, le lendemain. Nuit blanche, attente interminable, stress, prières, sollicitations des forces occultes, tout y passe. La Guinée aussi au détriment du Mali.

Aléa jacta es, le sort avait été jeté et l’explosion de joie qui a suivi l’annonce va se poursuivre jusqu’au lendemain matin. « EEEEE….bola, t’as pas dit tu as peur…..éééé ….bolaaaa » ce refrain, parodie du tube « bela »de OS DETROIA est repris en cœur par une foule en liesse, en totale symbiose, à la suite d’une qualification somme toute méritée. 6ème meilleure équipe du continent, la Guinée confirme sa constante progression et, nul doute qu’avec cette CAN, elle se rapproche de plus en plus du sacre final.

Jeunes supporteurs du Syli dans les rues du quartier Belle-vue à Conakry

Jeunes supporteurs du Syli dans les rues du quartier Belle-vue à Conakry

Place aux quarts de final ou le Syli, dimanche 1er février fera face aux galactiques étoiles noires du Ghana, conduits par un capitaine courage en la personne du bien nommé, André Ayew, le fils de son père, Abedi. Après les aigles, le Syli doit attraper des étoiles là haut, fidèles à leur statut et toujours au rendez vous. Ce ne sera pas facile et d’ailleurs ça ne l’a jamais été au cours de cette édition, les Guinéens le savent, ils devraient se surpasser. Gérer au mieux les secondes mi-temps, là se trouve le clé pour ce Syli 2015, brillant en première mi-temps, sur le réculoir en seconde, et poussif vers la fin, avec pour seul accélérateur, son Messi(e), Ibrahima Traoré. Ce dernier qui a le malheur de ne pas évoluer dans un club phare en Allemagne, comme le Bayern ou Dortmund ou même Schalke 04, autrement, la planète du foot en parlerait comme une grande star. Aura-t-il les épaules larges et solides pour continuer à porter son pays ?A Conakry, on l’espère. Portés par cette frustration, du fait d’avoir été durement frappé par le virus Ebola, le Syli national symbolise le courage du peuple de Guinée, qui tant bien que mal, continue de lutter avec ses armes contre ce malheur qui a fait et fait toujours des victimes.

Comme donc poussé par une force invisible, le Syli, boosté par Ebola, veut vaincre et ramener cette coupe au pays même si dans la célébration, on oublie les mesures restrictives de non contact, relatives au virus.

Partis avec une délégation réduite au stricte minimum, pointés du doigt comme étant des ambassadeurs du virus Ebola, la Guinée dans cette CAN marche droit avec fierté et bravoure, comme elle est dans son combat contre le virus. Pestiférés, indésirables, en tous les cas, ce Syli là a une âme et une motivation particulière qui font qu’elle pourrait y arriver, créant la surprise certes, mais honorant ou justifiant son rang de 6ème meilleure sélection du continent. Si une équipe en dehors du big four africain devait remporter cette CAN, il serait logique que ce soit la Guinée ou le Congo kinshasa. En attendant le soir du dimanche 1er février, « gbinh gbinh soh ! » ( cri d’encouragement des supporters du syli de Guinée)

Lamine Nabé

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